Merklen (Denis) - Les indispensables. Sociologie des mondes militants. - Vulaines-sur-Seine, Éditions du Croquant, 2023. 302 p
In: Revue française de science politique, Band 73, Heft 4-5, S. 758-759
ISSN: 1950-6686
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In: Revue française de science politique, Band 73, Heft 4-5, S. 758-759
ISSN: 1950-6686
In: Participations: Revue de sciences sociales sur la démocratie et la citoyenneté, Band 33, Heft 2, S. 5-29
ISSN: 2034-7669
Loin d'une opposition frontale entre contestation et délibération, la Convention citoyenne pour le climat qui s'est tenue en France a été le lieu d'échanges multiples entre activistes et citoyen·nes tiré·es au sort. En décrivant ces interactions et les caractéristiques organisationnelles qui les ont rendues possibles, notre objectif est de montrer que, plus qu'un rapport unique entre contestant·es et délibérant·es, une pluralité de positions des militant·es écologistes se sont exprimées sur la Convention citoyenne, traduisant des divisions au sein du mouvement climat liées aux diverses traditions politiques et aux générations militantes. Ces relations diverses ont constitué une dimension fondamentale pour l'élaboration des mesures par les citoyen·nes et la suite de la Convention. Elles font apparaître une relation renouvelée entre militantisme et processus délibératifs, où la contestation s'appuie sur la délibération, et où la délibération se réinscrit dans un horizon contestataire.
In: Revue française de science politique, Band 71, Heft 3, S. IV-IV
ISSN: 1950-6686
In: Youth and globalization, Band 2, Heft 2, S. 232-250
ISSN: 2589-5745
Abstract
Since 2018, climate mobilizations have been shaping political life in Europe. Young people are at the heart of this mobilization, both because of their massive nationwide presence in intergenerational demonstrations, but also because of their own modes of action, such as the climate strikes that have been emerging since January 2019. Within these mobilizations, forms of radicalism are expressed through an important support for civil disobedience, such as blocking actions, as well as support – for a significant part of protestors – for material damage. This paper analyzes the new forms of youth radicalism in their link to the social determinations of the awareness of the climate catastrophe. Based on a demonstration survey concerning three French cities for the strike of March 15, 2019, and in Paris for the strike of September 20th, which collected more than 1,800 questionnaires, this paper sets out to show the sociological profiles of radical individuals, which distinguish themselves by significant cultural capital and left-wing familial political socialization. The exploitation of the data collected shows that these new forms of radicalism are conditioned by an awareness of the climate emergency, deeply linked to family legacies and specific academic curricula. The radicalization of inherited dispositions leads these individuals to go beyond the legality/illegality framework, and to favor a debate on the effectiveness of the means of action, in which the link with conventional democratic participation is constantly questioned.
In: Revue française de science politique, Band 70, Heft 2, S. VIII-VIII
ISSN: 1950-6686
In: Participations: Revue de sciences sociales sur la démocratie et la citoyenneté, Band 34, Heft 3, S. 173-204
ISSN: 2034-7669
Comme d'autres mini-publics, la Convention citoyenne pour le climat (CCC), qui s'est tenue en France en 2019 et 2020, a dû répondre à une double contrainte : pour que ses conclusions soient jugées valables du point de vue de la délibération, elle devait apparaître comme imperméable aux influences extérieures, mais pour que ses conclusions aient du poids, les membres de l'assemblée étaient incité·es à développer des alliances avec d'autres acteurs et actrices, et à porter ainsi le débat au-delà des murs de l'assemblée. Cette tension entre ouverture et fermeture, délibération et participation, mini-public et grand public, de plus en plus problématisée au sein des théories de la démocratie délibérative, a été résolue à travers certaines des caractéristiques organisationnelles et logistiques du dispositif, comme dans ces longues intersessions au cours desquelles les citoyen·nes ont été convié·es à investir leur rôle, ce qui a constitué un élément décisif dans la publicité des débats. L'article, qui repose sur une enquête ethnographique tout au long du processus, montre comment les frontières de la CCC ont été construites puis renégociées par les citoyen·nes et d'autres parties prenantes. Nous mettons en lumière un double mouvement d'importation d'acteurs et actrices externes et d'exportation vers le grand public, ainsi que des phénomènes de constitution progressive d'un « Nous » de l'assemblée citoyenne, opposé à un « Eux » qui renvoie aux institutions politiques et économiques comme au reste de la population nationale. Nous suggérons que tous ces mécanismes jouent un rôle majeur sur le devenir des mesures et qu'ils devraient faire l'objet d'une analyse plus systématique dans d'autres mini-publics et assemblées citoyennes.
In: Climate policy, Band 21, Heft 9, S. 1205-1217
ISSN: 1752-7457
In: Études internationales, Band 53, Heft 3, S. 405
ISSN: 1703-7891
In: Politix: revue des sciences sociales du politique, Band 145, Heft 1, S. 135-162
ISSN: 0295-2319
Entre 2018 et 2019, les manifestations et « grèves » étudiantes et lycéennes pour lutter contre le dérèglement climatique se sont multipliées et se sont imposées au cœur de l'actualité politique. Aux côtés d'autres types d'actions, ces mobilisations témoignent de la permanence des formes classiques de l'action collective. Face à ce qui s'apparente à un nouveau cycle dans l'histoire du militantisme écologiste, les enquêtes récentes se sont centrées sur les modes d'action les plus engagés (blocages, occupations…). Cet article se présente comme une contribution visant à éclairer des mobilisations plus massives, à partir de données quantitatives, afin de rendre compte des continuités et des évolutions quant aux profils sociaux et politiques des manifestant·es engagé·es sur les questions environnementales. Sur la base de questionnaires administrés au cours de quatre journées d'action, nous proposons une analyse du profil sociodémographique des personnes mobilisées mais aussi de leur rapport au politique. À distance des analyses qui en font un « mouvement de jeunes », désidéologisé ou désactivant les anciens clivages politiques, nous montrons que ces mobilisations recrutent dans les segments de la population historiquement investis sur l'écologie, tout en déplaçant les modes d'action privilégiés. Pour autant, loin d'être unifié, une étude de la composition du mouvement par les variables lourdes articulées entre elles peut permettre de comprendre la logique des oppositions internes au mouvement. Si le mouvement semble caractérisé par l'importante participation du salariat qualifié (et de leurs fils et filles) et l'ancrage à gauche, de petites distances sociales sont notables et contribuent à l'explication des clivages politiques et du renouvellement des types d'engagements, collectifs comme individuels.
In: Mouvements: des idées et des luttes, Band 101, Heft 1, S. 13-24
ISSN: 1776-2995
L'Assemblée des assemblées constitue une tentative unique de coordination des Gilets jaunes à l'échelle du pays. Cette forme d'organisation tient largement à l'orientation politique et aux milieux sociaux des militants qui ont animé cette fraction du mouvement. Au fil des mois, sa structuration progressive montre l'importance de la démocratie directe mais aussi des efforts d'indépendance, d'autonomie et de structuration qui vont bien au-delà des assemblées locales et des mobilisations sur les ronds-points – auxquelles on réduit trop souvent ce mouvement.
International audience ; L'Assemblée des assemblées constitue une tentative unique de coordination des Gilets jaunes à l'échelle du pays. Cette forme d'organisation tient largement à l'orientation politique et aux milieux sociaux des militants qui ont animé cette fraction du mouvement. Au fil des mois, sa structuration progressive montre l'importance de la démocratie directe mais aussi des efforts d'indépendance, d'autonomie et de structuration qui vont bien au-delà des assemblées locales et des mobilisations sur les ronds-points – auxquelles on réduit trop souvent ce mouvement.
BASE
International audience ; L'Assemblée des assemblées constitue une tentative unique de coordination des Gilets jaunes à l'échelle du pays. Cette forme d'organisation tient largement à l'orientation politique et aux milieux sociaux des militants qui ont animé cette fraction du mouvement. Au fil des mois, sa structuration progressive montre l'importance de la démocratie directe mais aussi des efforts d'indépendance, d'autonomie et de structuration qui vont bien au-delà des assemblées locales et des mobilisations sur les ronds-points – auxquelles on réduit trop souvent ce mouvement.
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International audience ; L'Assemblée des assemblées constitue une tentative unique de coordination des Gilets jaunes à l'échelle du pays. Cette forme d'organisation tient largement à l'orientation politique et aux milieux sociaux des militants qui ont animé cette fraction du mouvement. Au fil des mois, sa structuration progressive montre l'importance de la démocratie directe mais aussi des efforts d'indépendance, d'autonomie et de structuration qui vont bien au-delà des assemblées locales et des mobilisations sur les ronds-points – auxquelles on réduit trop souvent ce mouvement.
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International audience ; Launched in 2019, the French Citizens' Convention for Climate (CCC) tasked 150 randomly-chosen citizens with proposing fair and effective measures to fight climate change. This was to be fulfilled through an "innovative co-construction procedure," involving some unspecified external input alongside that from the citizens. Did inputs from the steering bodies undermine the citizens' accountability for the output? Did co-construction help the output resonate with the general public, as is expected from a citizens' assembly? To answer these questions, we build on our unique experience in observing the CCC proceedings and documenting them with qualitative and quantitative data. We find that the steering bodies' input, albeit significant, did not impair the citizens' agency, creativity and freedom of choice. While succeeding in creating consensus among the citizens who were involved, this co-constructive approach however failed to generate significant support among the broader public. These results call for a strengthening of the commitment structure that determines how follow-up on the proposals from a citizens' assembly should be conducted.
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International audience ; Launched in 2019, the French Citizens' Convention for Climate (CCC) tasked 150 randomly-chosen citizens with proposing fair and effective measures to fight climate change. This was to be fulfilled through an "innovative co-construction procedure," involving some unspecified external input alongside that from the citizens. Did inputs from the steering bodies undermine the citizens' accountability for the output? Did co-construction help the output resonate with the general public, as is expected from a citizens' assembly? To answer these questions, we build on our unique experience in observing the CCC proceedings and documenting them with qualitative and quantitative data. We find that the steering bodies' input, albeit significant, did not impair the citizens' agency, creativity and freedom of choice. While succeeding in creating consensus among the citizens who were involved, this co-constructive approach however failed to generate significant support among the broader public. These results call for a strengthening of the commitment structure that determines how follow-up on the proposals from a citizens' assembly should be conducted.
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